Quatre semaines plus tard, le 1er mai 2007, Claude se laissa glisser hors de cette existence.23 L’éloignement de l’un de ses deux fils contraignit à remettre son enterrement au 28 mai. L’inhumation se déroula le matin, sous la pluie, au nouveau cimetière de Boulogne, en présence de nombreuses personnalités intellectuelles, dont Philippe Descola, professeur au Collège de France, Alain Touraine, Jean Cuisenier, et de nombreux Africains et Africanistes, dont Geneviève Calame-Griaule qui fit un éloge remarqué. Le soir, à partir de 18 heures 30, eut lieu au musée Dapper un sobre et dense hommage à Claude Tardits en présence de sa famille et d’un public nombreux, avec l’appui de l’ambassade du Cameroun, à l’instigation de l’association des Bamoun de Paris, dont l’un des membres, le journaliste Abdelaziz Moundé, organisa le déroulement avec une exceptionnelle ma?trise.""Le livre de Marcello Massenzio est profondément original. Original et même dérangeant, au sens positif de ce terme. Au départ, en effet, il se présente comme une simple application de la méthode lévistraussienne de décryptage des mythes. veste lacoste pas cher
Dans la vision structuraliste du mythe, celui-ci existe d’abord, indépendamment de toute question d’origine, par la somme des variantes dont il fait l’objet. Et Marcello Massenzio, en sélectionnant deux versions parmi d’autres de l’histoire du Juif errant, dont on sait qu’elle trouve son origine dans un bref passage de l’évangile de Jean, pourrait sembler avoir simplement déplacé le terrain habituel de l’analyse structurale.2 Mais il s’agit en fait de bien autre chose. Tout d’abord, les variations que privilégie l’auteur sont des variations dans le temps et non plus seulement dans l’espace. Nul ne doute des effets de transmission et de réélaboration dans l’itinéraire complexe de l’histoire du Juif errant. Il s’agit clairement d’un fait de diffusion. D’autre part, nous connaissons parfois très précisément le lieu et les auteurs de certaines de ces réélaborations. burberry famme pas cher C’est le cas des deux versions privilégiées par l’auteur. La première est celle élaborée par Matthieu Paris au xiiie siècle d’après une version précédente de Roger de Wendower au monastère de Saint-Albans près de Londres. La seconde, publiée en Allemagne en 1602, est une brochure de colportage largement diffusée tant dans les milieux populaires que dans les milieux cultivés. On ne conna?t pas son auteur, mais elle se présente comme la relation d’une expérience de jeunesse du futur évêque luthérien de Schlewig, Paul Eitzen. Marcello Massenzio nous donne une idée précise de toute la documentation qui s’intercale entre les deux textes sélectionnés et parvient ainsi à établir la série des déplacements thématiques qui font bien du second une xA0;transformationxA0; du premier, mais il rend compte parallèlement des changements historiques au terme desquels on passe d’une version imprégnée par le climat religieux du Moyen ?ge à une version qui annonce la xA0;sensibilité culturelle modernexA0;.3 L’originalité tient aussi à la nature des matériaux traités. Le livre présente un matériel iconographique attrayant qui témoigne de la diffusion populaire de l’histoire qu’on retrouvera dans les images d’épinal. longchamp le pliage pas cher
Il nous incite donc insensiblement à une réflexion sur la pluralité des expressions qui trouve son aboutissement dans la magnifique étude de l’?uvre de Chagall qui tout à la fois cl?t le livre et en constitue le c?ur. Nous y retrouvons en effet, à partir d’une réflexion sur La Crucifixion blanche de Chagall et aussi sur son autobiographie deux modalités différentes de création et d’expression donc, tous les thèmes précédemment évoqués, mais amplifiés et orchestrés. Et nous comprenons soudain pourquoi et en quoi le livre de Massenzio est infiniment plus qu’un simple exercice de méthode. Il ne se contente pas de combiner anthropologie structurale et histoire. L’?uvre de Chagall dernière version du mythe, version juive et en fin de compte universelle du mythe chrétien de la faute et du salut nous présente le Juif errant comme, au même titre que le Christ, victime de la violence des bourreaux de l’histoire.4 Dès lors, les questions soulevées par ce livre aussi modeste de ton qu’inspiré sur le fond sont immenses et fascinantes. Les rapports entre biographie individuelle et histoire, plus largement les thèmes de l’individualité et de la création littéraire ou artistique, les rapports entre psychologie et mythologie qui fourniront à Henry Meige, dans la suite de Charcot, la matière d’une version culturaliste et raciale, voire raciste, du mythe, l’extension de la notion de mythe à diverses expressions de la réalité historique et de la création artistiquexA0 tels sont quelques-uns des axes de réflexion qui structurent et prolongent ce livre qu’il faut lire et relire.